Jeudi 11 mai 2006


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Photo 1: en avril Damien passe le "disque"
Photo 2: Les vignes de Montravel rouge travaillées et épamprées (10mai)
                beau travail propre et net!
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En seulement trois semaines l'évolution est considérable; et c'est peu dire. C'est une véritable course contre la montre qui commence.
Le travail mécanique du sol a franchi une première étape.

Nous avons passé le 'disque" qui a retourné la terre sur une profondeur inférieure à 20 cm.  La terre tassée  au fil des ans a été décompactée.
Ensuite le  "rotavator" l'a émiétée finement.
Enfin la " griffe" a rendu perméable le socle sous-jascent.

Nous avons travaillé ainsi un rang sur deux, laissant l'autre enherbé.
Ce travail coupe les racines superficielle et oblige la plante à pousser son enracinement.

Le travail des "petites mains" va reprendre de plus belle!

Le mois dernier nous avions terminé 'l'attachage" qui consiste a fixer sur le fil, à l'aide d'un lien les "astes", baguettes conservées à la taille hivernale (vignes étroites, palissage vertical à rameaux ascendants, taille guyot simple à courson).

Nous commençons "épamprage" , "ébourgeonnage" et "désagattage".
Le "désagattage" consiste à supprimer les gourmands qui poussent aux pieds des ceps, sous la greffe.
Les Merlots en sont particulièrement fournis (exemple dans la galerie photo).

Il existe des méthodes chimiques ou mécaniques ou manuelles pour ces travaux.
Le chimique c'est rapide et radical! Mais nous n'en voulons pas.

L'épamprage manuel est exigeant en main d'oeuvre (35 à 45 heures hectares selon la densité de plantation).
Qualité oblige, il faut se baisser jusqu'à terre à chaque pied.
Nous aurons à faire la révérence devant chacun des 65000 pieds des 12 hectares de la propriété.

L'"ébourgeonnage" des contre-boutons, doublons des yeux laissés à la taille, doit être précoce car on est vite débordé  par la pousse des rameaux.
Il permet de réduire et d'orienter la production des grappes.

Il a des effets positifs sur la santé de la vigne (meilleur éclairement et aération des feuilles et des grappes, et réduit les risques de contamination primaire de mildiou et d'oidium).

Notre objectif est bien traçé: contenir la vigueur de la vigne, obtenir de petits rendements et une qualité optimale de la vendange.

Mai, c'est souvent  le début du retour des maladies parasitaires.
Le soufre fait partie des premieres interventions. C'est l'élément naturel le plus utilisé depuis que le vin existe. On le répend à la poudreuse ou sous forme mouillable.

Pour le moment tout va bien. Première étape attendue: la floraison

par Alain Péronnet publié dans : moulin-garreau
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Lundi 24 avril 2006
24 avril 2006:

Nous avons banni l'usage des désherbants et nous sommes revenus aux  méthodes traditionnelles.

Le vieux Renault  et la "décavaillonneuse" reprennent du  service.

Autrefois, sur le domaine les boeufs tiraient l'outil. Aujourd'hui le tracteur offre davantage de souplesse.

Damien est aux commandes. C'est un travail long et précis. Christian suit, vigilant, car la conduite est délicate et maints réglages sont nécessaires pour atteindre le résultat escompté.

Finalement c'est un beau travail et christian affiche un air radieu et confesse: "moi, je n'aimais pas travailler avec la chimie; là on voit ce que l'on fait et on respecte la nature ".

Contrairement au désherbage total conventionnel, qui évite tout travail des sols, combiné à l'usage massif des engrais azotés qui augmente le rendement global, le travail des sols permet:
- une aération du sol
- une implantation plus profonde de la vigne (meilleure expression du terroir)
- une régulation du régime de l'eau
et combiné à l'enherbement des rangs, une meilleure maitrise des rendements (de petites récoltes, qualité oblige).

On alterne les labours de chaussage (en automne, on ramène la terre vers le cep) et les labours de déchaussage (fin de l'hiver, on renverse la terre vers le milieu de l'interligne).

On laisse la vigne enherbée entre les rangs, et le plus souvent on procède a un léger labour un rang sur deux.

C'est un joli programme...et cela n'est pas fini car partant d'un vignoble conduit de façon conventionnelle il y a quelques années, nous sommes passés à la "conduite raisonnée" (qui consiste à n'intervenir que lorsque cela est nécessaire, et non à titre préventif), et nous évoluons vers la conduite bio.

Tout cela, c'est beaucoup de motivation, de temps, de soins, de petites mains...et d'argent!
Oui, il faut être toqué pour s'investir pareillement dans la vigne aujourd'hui!

De fait nous nous coupons de la production des vins "d'industrie", des vins dits de soif, de tous ces vins dont on extrait à grand renfort de technologie le peu d'arômes et de couleur des raisins dont ils sont issus, tant on a misé sur le rendement, et le faible coût de revient.

Pour nous le vin est un art, une tradition, une culture, un savoir vivre, une représentation de notre pays et de sa gastronomie reconnue partout dans le monde.

Pendant ce temps dans le chai, le millésime 2005 évolue lentement. Le Montravel rouge gagne on complexité. Le résultat du travail de la vigne est là!




par Alain Péronnet publié dans : moulin-garreau
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Dimanche 9 avril 2006
13 mars 2006 : mise en bouteille du premier vin du millésime 2005, Le BERGERAC Rosé "Caroline Chérie"

  On l'a attendu ce moment !
Premier rosé, premier baiser!

C'est la fête à Garreau. Oui, mais il faut suivre l'embouteilleuse.
Thérèse approvisionne la machine en bouteilles vides et à l'autre bout nous ne sommes pas trop de trois pour recueillir et aligner en "pallox" les bouteilles de rosé "tiré-bouché".

Elles seront soigneusement rangées dans le chai avant étiquetage, coiffage et conditionnement en cartons de 6.

Le soleil est au rendez-vous et cela est bien car nous avons pu installer la longue chaine d'embouteillage devant le chai.

C'est la récompense d'un long travail de patience et de soins.
La parcelle "au cheval" a été travaillée durant toute la saison pour la production exclusive de ce rosé.
Le cépage cabernet-sauvignon a bénéficié de cette année exceptionnelle 2005 : un ensoleillement permanent depuis le mois d'avril, une maturité atteinte et au delà ( 13°5, on n'a pas pu faire moins!), de petits rendements.

C'est un vrai rosé ( pas un rosé de saignée comme beaucoup la pratiquent sur des cuves de rouge), un vrai rosé je vous dis, qui ne craint  ni les Tavel, ni les Bandol. C'est autre chose, un BERGERAC à part entière, un vin floral, festif, féminin, un peu "fraise des bois".

"Caroline Chérie" arrive à point avec le printemps de Garreau, les mimosas en fleurs, les tulipes, les jacynthes, les camélias, les cerisiers blancs, l'épine noire (le prunelier). Le terroir est inondé de pâquerettes et de fleurs de pissenlit.
Les premières feuilles apparaissent sur les sarments.

Un cycle recommence : épamprages, relevages, éclaircissages, effeuillages...que de petites mains et de temps à passer.






par Alain Péronnet publié dans : moulin-garreau
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Dimanche 29 janvier 2006
Qui sommes-nous?

Nous exploitons un vignoble, non loin de Saint-Emilion et de Castillon.

Les vignes,

10 hectares de cépages rouges (principalement du merlot, complété de cabernet franc, et de cabernet sauvignon)
3 hectares de cépages blancs (sauvignon, sémillon)

s'échelonnent sur le plateau de Saint  Michel de Montaigne, et descendent à flanc de côteau vers la bourgade de Lamothe-Montravel.

Nous sommes aux portes de la Dordogne.
Nous produisons les appellations BERGERAC et MONTRAVEL.

Nous faisons partie de ceux que l'on appelle des "néo-viticulteurs".
Nous venons, pour moi, Alain, du monde du médicament, pour elle, Nathalie, du secrétariat.
Nous réalisons depuis décembre 2004 ce projet qui nous tient à coeur: une reconversion dans la viticulture.

Nous avons longtemps cherché ce domaine. Après bien des visites et bien des dégustations notre choix s'est porté sur ce terroir de Montravel qui produit des vins structurés, taniques, pour les rouges, aromatiques et riches pour les blancs.

2005 est notre première année de mise en valeur du vignoble.

Nous avons mis toutes les chances de notre côté pour réussir ce premier millésime.

Nous avons passé tout le printemps et tout l'été à soigner la vigne.
Pied après pied, nous avons éclairci la future récolte en ne gardant qu'une huitaine de grappes par cep. La selection est impressionnante! les raisins délaissés jonchent le sol tout au long des rangs.
Nous avons effeuillé pour présenter les grappes au soleil, d'abord côté est et nord jusqu'à la fin de du mois d'août, puis les faces ouest et sud au début de septembre.

Nous avons bénéficié d'un bel ensoleillement jusqu'aux vendanges,  tempéré par des nuits fraiches. Les vieilles vignes n'ont pas souffert.
La récolte est splendide. Le rendement est faible. Le millésime est prometteur, voire exceptionnel,
disent les anciens.

Les raisins sont cueillis à  pleine maturité. La coloration est dense, le taux de sucres élevé.

Cette augmentation importante des sucres a toutefois son revers: les fermentations alcooliques sont longues , parfois difficiles.
Si les blancs sonts prêts, en ce début de février, les fermentations malo-lactiques des rouges ne sont toujours pas achevées.

Mais le résultat est là:
Les rouges sont puissants, colorés, taniques, riches en matière, avec des arômes de fruits rouges: mûres, griottes, myrtilles.
Les blancs sont aromatiques, longs, aux arômes d'agrumes, de letchis.

Nous sommes bien engagés dans notre objectif ambitieux:
produire des vins de qualité. Nous ne sommes qu'à quelques kilomètres de St Emilion, sur cette  crête argilo-calcaire qui longe toute la bordure nord de la Dordogne.
Nous avons confiance en ce terroir de MONTRAVEL capable de donner des vins de grande expression.

Nous comprenons que chaque étape depuis la culture, jusqu'à l'élevage du vin doit se gagner. Rien n'est jamais semblable et reproductible. La remise en question est permanente.

Fort heureusement nous sommes biens entourés.
Christian est sur la propriété depuis longtemps. Même si nous bousculons quelque peu les habitudes, il nous accompagne avec enthousiasme.
Damien qui nous a rejoint en Août est aussi passionné que nous et nous apporte toute son expérience acquise au travail du chai et à l'organisation culturale.

Nous avons choisi cette année de diversifier la production pour tester les capacités du terroir.
Nous produisons du MONTRAVEL, blanc sec, blanc vinifié en barriques, blanc liquoreux, rouge de garde, et du BERGERAC rouge et rosé.

Je compte un peu sur mes filles pour m'inspirer dans ces millésimes: à la fois par l'intuition (Esprit de Diane), et la fantaisie (Caroline Chérie).

Pour Nathalie, comme pour moi c'est un retour aux sources.
Toutes son enfance s'est déroulée en Poitou où ses parents étaient agriculteurs - la mienne en Normandie, en la compagnie de ma grand-mère Jeanne (Honneur à Jeanne), qui m'a laissé des souvenirs merveilleux de cette France rurale de l'après-guerre, qui sentait bon le blé coupé, le lait fermier et le cul des vaches!

Nous voici de plein pied dans l'univers viticole. Nous mesurons le chemin a parcourir...mais zen, restons zen, dans ce monde en pleine ébullition!



Merci a vous amis viticulteurs qui nous avez accompagné au cours de nos débuts.

Merci à vous: Bruno pour l'éclairage que vous nous avez apporté sur l'étude du terroir, et vous Jean-Marc et Patricia pour le suivi oenologique et cultural des vignes, et la bonne marche des vinifis.
par Alain Péronnet publié dans : moulin-garreau
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